L’apprentissage des « mots de la semaine » représente un défi chez bon nombre d’enfants présentant des difficultés d’apprentissage. Heureusement, plusieurs stratégies peuvent leur être enseignées selon leur âge et leur profil d’apprentissage. Dans ce texte, nous présentons des idées qui aident à préparer son enfant pour la dictée sans perdre la tête.

Trouvez les mots de la même famille

Amenez l’enfant à trouver des mots de la même famille que ceux à l’étude. Par exemple, le mot « habitat » est dans la même famille que les mots « habiter » et « habitation ».

Utilisez la couleur pour aider la mémoire

Demandez à l’enfant de repérer les irrégularités ou les sources d’erreurs des mots à l’étude et à les faire ressortir à l’aide d’un crayon surligneur. Les doubles consonnes et les lettres muettes sont deux sources fréquentes d’erreurs.

Groupez les mots qui se ressemblent
  1. Les mots peuvent présenter des ressemblances dans la manière dont ils s’écrivent. Ils peuvent entre autres terminer ou débuter par les mêmes lettres. Par exemple, les mots « fillette » et « maisonnette » terminent tous deux par –ette. Pour faciliter la mémorisation de l’orthographe de ces mots, il est encouragé d’amener l’enfant à trouver d’autres mots qui ressemblent à ceux à l’étude. La ressemblance (ex : le suffixe –ette) peut également être mise en évidence à l’aide d’un crayon surligneur.
  2. Dès le 2e cycle du primaire, il est possible de travailler avec l’enfant la compréhension du sens des mots par la reconnaissance des préfixes ou des suffixes. Cette connaissance aide l’enfant à mieux retenir l’orthographe des mots, car elle permet d’identifier les ressemblances entre eux. Pour aider l’enfant à reconnaître les suffixes et préfixes, on peut l’amener à trouver le petit mot dans le grand mot. Dans l’exemple précédent du mot « fillette », le petit mot dans le grand mot serait « fille ». Ensuite, à partir de l’ensemble des mots trouvés débutant ou terminant de la même manière, on peut amener l’enfant à réfléchir sur le changement de sens apporté par le préfixe ou le suffixe. Dans le cas de notre exemple, le suffixe –ette signifie « petit ».
Comparez les différentes façons d’écrire le même son

Invitez l’enfant à réfléchir sur les différentes façons d’écrire un son et les contextes dans lesquels ils se retrouvent. Par exemple, le son /o/ peut s’écrire « eau », « au » et « o ». Il est alors suggéré d’amener l’enfant à prendre conscience des règles les plus fréquentes comme de montrer que les mots se terminant avec le son «o» s’écrivent le plus souvent avec la forme «eau».

Ayez recours à l’imagerie mentale

Cette stratégie peut être aidante chez les enfants qui privilégient l’écriture aux sons (ex. : « messieu » plutôt que « monsieur»).

  1. Commencez tout d’abord par habituer l’enfant à se faire une image mentale. Par exemple, vous pouvez lui présenter une image prise sur internet ou dans un livre pendant quelques secondes, la retirer et amener l’enfant à se représenter l’image dans sa tête en fermant les yeux (comme s’il devait la photographier dans sa mémoire). Vous pouvez ensuite lui poser des questions sur l’image, telle que «combien d’oranges y avait-il dans le bol ?» ou «De quelle couleur était le chapeau du monsieur sur la photo ?». Vous pouvez également l’amener à reproduire sur papier le dessin que vous lui avez présenté préalablement.
  2. Par la suite, vous pouvez faire le même exercice, mais cette fois-ci avec les mots de vocabulaire. Pour ce faire, vous pouvez écrire sur des bouts de papier les mots de vocabulaire qui sont plus difficiles. Ensuite, vous pouvez présenter ces mots un à un (pour environ 10 secondes), puis retirer le mot. Vous pouvez ensuite attendre quelques secondes et demander à l’enfant de garder l’image du mot en tête. Finalement, vous pouvez demander à l’enfant de répondre à des questions concernant ce mot, par exemple: « Combien y avait-il de « t »? », « Quelle était la 3e lettre? », « Peux-tu m’épeler le mot à l’envers? », « combien y avait-il de voyelles ? ».
Soyez créatifs

Variez le mode et le contexte de présentation utilisés pour faire pratiquer les mots de vocabulaire à l’étude. Par exemple, vous pouvez demander à l’enfant d’écrire le mot (sur une feuille, au clavier de l’ordinateur, sur un tableau), de l’épeler à voix haute, de faire semblant de l’écrire dans les airs ou encore de se l’imaginer dans sa tête (tel que suggéré précédemment).

Développez la compréhension du mot pour mieux le retenir

De plus, plutôt que de faire pratiquer les mots isolément, vous pouvez demander à l’enfant d’inventer une phrase avec le mot, de la dire à haute voix puis de l’écrire. Cela assurera une meilleure compréhension du mot par l’enfant et par le fait même une meilleure mémorisation. De plus, l’intégration des mots à l’étude dans une phrase permet de reproduire de manière plus réaliste la situation de dictée à l’école. Dans ce contexte, l’enfant doit à la fois demeurer attentif à ce que dit l’enseignant(e), mémoriser des parties de phrases tout en les écrivant, réfléchir à l’orthographe des différents mots incluant ceux qui ne sont pas à l’étude et réfléchir aux accords. Tout un défi !

Classez les mots selon leur nature

Amenez l’enfant à déterminer à quelles classes de mots appartiennent les mots à l’étude. Les principales classes de mots sont : nom, verbe, adjectif, déterminant, pronom et adverbe. Il aura ainsi plus de facilité à retenir l’orthographe des mots dont certains sons peuvent s’écrire de plus d’une manière. Par exemple, si le mot « écouter » est à l’étude, il faut amener l’enfant à reconnaître que le mot est un verbe. Il pourra ensuite être guidé dans sa réflexion pour reconnaître que le son « é » à la fin des verbes à l’infinitif s’écrit toujours –er. Dans sa dictée, l’enfant pourra donc être plus efficace dans sa réflexion portant sur le choix de l’orthographe, et sera plus familier avec les questions qu’il doit se poser.

En conclusion

Ce qu’il faut retenir c’est que l’enfant retient mieux lorsqu’il pratique ses mots de vocabulaires de différentes façon et lorsqu’il a l’impression de s’amuser. N’hésitez pas à y ajouter une bonne dose de plaisir.

 

Auteure: Gabrielle Mathieu, orthophoniste