L’utilisation de lexiques comme stratégie gagnante pour aider notamment  les jeunes ayant des difficultés d’emmagasinage et/ou d’accès lexical
Saviez-vous que…
  • On apprend de 1 à 8 mots/ jour, de l’âge de 1 an à 20 ans.
  • Un bon niveau de vocabulaire est un des premiers  prédicteurs de réussite scolaire.
  • Certains enfants ont besoin d’une exposition plus grande à un même mot pour réussir à l’emmagasiner correctement.

  • Selon Bonin (2003), l’accès lexical est un processus de récupération des mots en mémoire, en production verbale orale ou écrite. Ainsi, chez certains élèves, ce processus ne se déroule pas facilement et à la vitesse souhaitée.
  • Ainsi, il n’est pas rare d’être témoin de différentes tentatives pour retrouver un mot chez les élèves ayant un trouble de langage et/ou un trouble d’apprentissage. Par exemple,  ceci peut à arriver à l’oral (ex: en conversation, lors de présentations orales …) comme à l’écrit (ex: production écrite, lors d’examens…).
  • Effectivement, les élèves ayant un trouble développemental du langage (aussi appelé dysphasie ou trouble primaire du langage), une dyslexie-dysorthographie ou un trouble de l’attention peuvent chercher leurs mots plus régulièrement. On parle alors de difficultés d’accès lexical ou d’un trouble d’accès lexical.
  • C’est aussi le cas de certains élèves en situation de multilinguisme qui ont du mal à acquérir une langue seconde.
  • Les élèves qui cherchent régulièrement leurs mots peuvent passer par toute une gamme d’émotions (ex: frustration, sentiment d’incompétence, tristesse, colère).
Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider ces élèves?

L’utilisation de « lexiques» est définitivement un excellent  moyen pédagogique  à essayer avec ces jeunes au primaire comme au secondaire. D’ailleurs,  de plus en plus d’écoles les utilisent, comme c’est le cas à l’école secondaire André-Laurendeau à Longueuil. L’équipe-ressource a créé des lexiques qu’elle imprime sur des feuilles colorées et remet aux élèves qui en ont  besoin.  Nous nous en sommes d’ailleurs fortement inspirés  pour créer cette version numérique.

L’élève est ainsi encouragé à créer un lexique de mots à partir des notions vues en classe et  les réviser lors de son étude. On recommande que ces mots soient classés en ordre alphabétique afin de les retrouver plus facilement.  D’ailleurs, ces mots ne devraient pas être accompagnés de définitions ou d’images à moins que l’enseignant(e) l’autorise.  Effectivement, ces lexiques sont des  » lexiques » et non pas une feuille de notes personnelles.  Bref, les jeunes peuvent ainsi partir de ces lexiques pour réviser leur matière en verbalisant à voix haute ce qu’ils peuvent dire sur ces mots et sur les liens avec les autres tout en les utilisant aussi en situation d’examen.

Prenez note que ces documents peuvent être complétés à la main ou directement à l’ordinateur pour ceux et celles qui le préfèrent.  Justement, les élèves qui utilisent des logiciels pour compenser leurs difficultés en écriture (ex : Lexibar, WordQ, Antidote…) apprécieront sûrement cette version numérique.

Également, en français et en anglais, ces lexiques peuvent être utilisés pour créer un champ lexical autour d’une thématique pour se préparer à une production écrite.

Selon Stanké (2006), si un élève ne comprend pas 2% des mots d’un texte ou plus, ce texte est considéré «difficile» pour lui et s’il ne comprend pas 10% des mots ou plus, ce texte est considéré « très difficile »; d’où l’importance de s’attarder à la terminologie et au vocabulaire utilisés dans les cahiers d’exercices, les manuels scolaires et les notes de cours. Ainsi l’utilisation de lexiques permet justement de répertorier ces mots  et de si attarder suffisamment  lors de la préparation à un examen.

Cette adaptation pédagogique rejoint les grands principes de la pédagogie inclusive des apprentissages si bien expliqués  dans ce document (PDF) réalisé par  des intervenants du collèges Sainte-Anne à Lachine là où j’ai fait mon propre  parcours secondaire!

Il est recommandé de les faire pré-approuver par les enseignants pour éviter toute surprise.  De plus, ce moyen peut aussi être ajouté au plan d’intervention scolaire de l’élève.

Voici la liste de tous les lexiques présentés cette fois par matière afin de pouvoir les  télécharger ou les imprimer individuellement:

Bref, avec le retour éminent en classe pour les élèves du primaire  et possiblement certains élèves ayant des défis particuliers au secondaire, les lexiques peuvent s’avérer fort utiles pour actualiser le potentiel de plusieurs jeunes ayant des défis langagiers   en situation d’examens. Ils peuvent aussi être utilisés dans toutes les matières. En cette période de grands bouleversements et de changements découlant de cette pandémie au Covid19, profitons de cette ouverture à  » faire autrement » ainsi que de l’intérêt de notre gouvernement  face aux élèves ayant des défis particuliers.  Parlez-en dans vos milieux.  Faites-le pour eux!

Caroline Ricard, orthophoniste, Clinique Churchill
Références:

Bonin, P. (2003) Production verbale des mots: approche cognitive. Bruxelles: Éditions de Boeck Université, 251p.

Stanké, B. (2006). Compréhension de textes écrits. Rééducation orthophonique, 227p.